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Performance énergétique et décennale : dans quels cas un défaut de performance énergétique relève de la garantie décennale

Art. L123-2 du Code de la construction et de l'habitation (ancien art. L111-13-1) · Mis à jour le · Par ICEA, courtier depuis 2008

L'essentiel

En matière de performance énergétique, un ouvrage n'est jugé impropre à sa destination, et donc couvert par la décennale, que dans un cas : un défaut lié aux produits, à la conception ou à la mise en œuvre entraîne une surconsommation qui ne permet de l'utiliser qu'à un coût exorbitant, compte tenu d'un usage et d'un entretien appropriés. C'est l'article L123-2 du Code de la construction et de l'habitation, ancien article L111-13-1.

Ce que dit le texte

L'article L123-2 du CCH, issu de la loi de transition énergétique du 17 août 2015 et renuméroté lors de la recodification du code au 1er juillet 2021, encadre la notion d'impropriété à la destination en matière de performance énergétique.

Trois conditions doivent être réunies : un défaut lié aux produits, à la conception ou à la mise en œuvre de l'ouvrage ou de l'un de ses éléments ; une surconsommation d'énergie qui en résulte ; un coût d'utilisation de l'ouvrage qui devient exorbitant. La surconsommation s'apprécie en tenant compte de conditions d'usage et d'entretien jugées appropriées.

Le texte ne définit pas le « coût exorbitant ». Ce sont les juges qui l'apprécient, au cas par cas.

Ce que cela change pour la rénovation énergétique

Un écart entre la consommation réelle et celle annoncée par une étude thermique ou un DPE ne suffit pas, à lui seul, à engager la décennale. Il faut prouver un défaut d'exécution, de conception ou de produit, et une surconsommation d'une ampleur exceptionnelle.

Les désordres classiques restent couverts dans les conditions habituelles. Une isolation par l'extérieur qui laisse passer l'eau, une toiture qui fuit après la pose de panneaux, une fixation qui menace la façade relèvent de la décennale parce qu'ils touchent le clos, le couvert ou la solidité, indépendamment de toute question d'énergie.

Pour les équipements ajoutés à un bâtiment existant, comme une pompe à chaleur, la jurisprudence récente de la Cour de cassation les écarte en principe de la décennale et de la biennale lorsqu'ils ne constituent pas eux-mêmes un ouvrage. Le recours passe alors par la responsabilité contractuelle de l'installateur.

La dommages-ouvrage ne garantit pas la performance énergétique

L'assurance dommages-ouvrage ne couvre que les dommages de nature décennale. Elle suit donc la même règle : un défaut de performance énergétique n'est pris en charge que si les conditions de l'article L123-2 sont réunies.

Un engagement de résultat sur les consommations, quand une entreprise en prend un, relève du contrat signé avec elle, pas de la décennale ni de la dommages-ouvrage.

Défaut énergétique : relève-t-il de la décennale ?
SituationDécennale, en principe
Isolation mal posée, logement très coûteux à chauffer malgré un usage normalPossible, si les conditions de l'article L123-2 sont réunies
Consommation supérieure à l'estimation de l'étude ou du DPE, sans défaut prouvéNon
Infiltrations d'eau à travers une isolation par l'extérieurOui en général, au titre du clos et du couvert
Pompe à chaleur ajoutée à un logement existant, qui chauffe malNon en principe, selon la jurisprudence récente : responsabilité contractuelle
Surconsommation due à un mauvais réglage par l'occupant ou à un défaut d'entretienNon

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FAQ

Performance énergétique et décennale : vos questions

Seulement si le défaut rend l'ouvrage impropre à sa destination au sens de l'article L123-2 du CCH : un défaut de produit, de conception ou de mise en œuvre, qui entraîne une surconsommation telle que l'ouvrage ne peut être utilisé qu'à un coût exorbitant. Une simple déception sur les économies d'énergie n'est pas couverte.

Son contenu existe toujours, sous un autre numéro. Depuis la recodification du Code de la construction et de l'habitation, entrée en vigueur le 1er juillet 2021, la règle figure à l'article L123-2.

La loi ne le chiffre pas. Les juges apprécient au cas par cas, en comparant la consommation réelle à celle qu'on pouvait attendre de l'ouvrage, avec un usage et un entretien normaux. Une expertise est en pratique indispensable.

En général oui, mais pas au titre de la performance énergétique. Des infiltrations à travers la façade touchent le clos et le couvert et peuvent rendre le logement impropre à sa destination. C'est la règle classique de l'article 1792 du Code civil qui s'applique.
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